Les étapes d’un projet

1. L’identification du besoin et du lieu

La première étape consiste à bien comprendre la situation sur le terrain pour s’assurer que nous aidons là où c’est le plus nécessaire. Nous regardons les conditions de vie dans la région ciblée, notamment le manque d’eau, mais aussi les difficultés liées à la nourriture, à l’hygiène et à l’accès à l’école.

Nous choisissons des zones rurales où l’accès à l’eau potable est limité. Pour décider de l’emplacement exact du forage, nous prenons en compte la proximité des maisons et la nature du sol. Nous évaluons aussi combien de personnes vont en profiter et s’il y a des écoles, des cliniques ou des lieux de culte tout près qui pourront utiliser cette eau.

Il est aussi important pour nous d’examiner les sources d’eau que les gens utilisent déjà. Souvent, ce sont des puits peu profonds ou de l’eau de surface qui peuvent être contaminés, s’assécher selon la saison ou poser des risques pour la santé.

2. La collecte de fonds et la planification

Une fois le projet défini, nous préparons son financement et son organisation. Nous estimons le coût de chaque partie du projet en nous basant sur des devis et sur nos expériences passées. Comme des imprévus peuvent toujours arriver, nous recommandons d’ajouter une marge de sécurité d’au moins 15 % au budget.

Durant cette phase, nous réalisons plusieurs actions pour structurer le projet :

  • Nous créons une vidéo promotionnelle et un plan de financement pour expliquer le coût du projet.
  • Nous signons une entente de partenariat et nous nous assurons d’avoir toutes les autorisations nécessaires.
  • Nous lançons des appels d’offres pour trouver les équipes qui feront les travaux.

3. L’exécution et la construction

C’est l’étape où le puits est creusé. La durée et la technique utilisée changent beaucoup selon le pays et la nature du sol. Le projet peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois.

Si nous travaillons au Niger, le terrain est souvent composé d’un sol meuble et l’eau se trouve à faible profondeur. Cela nous permet d’utiliser des techniques de forage manuel ou semi-mécanisé qui sont moins coûteuses. Par exemple, pour le projet du village de Karre au Niger, nous avons creusé un puits de 12 mètres de profondeur équipé d’une pompe mécanique manuelle. Comme c’est plus simple, les délais sont très rapides et tout peut être fini en 3 à 4 semaines.

La situation est très différente au Maroc ou au Togo. Au Maroc, nous intervenons souvent dans des zones montagneuses comme l’Atlas où le sol est rocheux et difficile à percer. Il faut parfois creuser à plus de 100 ou 150 mètres pour trouver de l’eau potable, comme nous l’avons fait au douar Tiwilià avec un forage de 130 mètres. Cela demande des équipements industriels pour faire un forage rotatif ou à percussion. Au Togo aussi, le contexte demande d’aller chercher l’eau très profondément avec de la machinerie lourde. Ces projets sont plus longs et prennent environ 2 mois à cause de la logistique complexe et du gros œuvre.

Dépendamment des circonstances des projets, l’installation technique peut comprendre les éléments suivants :

  • Installation des tuyaux en PVC et des crépines pour filtrer l’eau.
  • Installation de la pompe, qui peut être submersible et électrique, ou mécanique selon le besoin.
  • Installation des panneaux solaires pour fournir l’énergie nécessaire à la pompe.
  • Construction d’un réservoir de stockage d’eau (château d’eau) et une fontaine pour que les gens puissent se servir.

4. Le contrôle de la qualité

Nous ne partons pas dès que le trou est creusé. Il est crucial de vérifier que tout fonctionne bien et que l’eau est bonne. Nous faisons des essais de pompage pour vérifier le débit et nous analysons la qualité de l’eau. Durant cette phase, nous suivons les dépenses de près et nous recueillons des témoignages sur place.

5. La clôture du projet

Pour terminer le projet, nous préparons un rapport détaillé. Ce document compare ce que nous avions prévu de dépenser avec les coûts réels et inclut les résultats des tests de l’eau.

Nous mettons en place des recommandations pour l’entretien du puits afin qu’il dure longtemps et nous prévoyons des suivis dans les années à venir. C’est aussi à ce moment que nous installons une plaque commémorative pour remercier le donateur, comme nous l’avons fait pour la défunte Aicha Al-Amri au Niger ou le défunt El-Hellaoui au Maroc. Enfin, nous envoyons le rapport de projet aux donateurs pour leur montrer le résultat concret de leur aide.